Journée internationale des femmes et filles de sciences

Comme l’année dernière, je vous propose à nouveau un article autour de cette journée internationale qui représente quelque chose de particulier pour moi. En tant que physicienne, j’ai eu l’occasion de me « frotter » aux stéréotypes de genre qui persiste malheureusement. Je trouve donc essentiel et très bien que les Nations Unies organisent des événements comme celui-ci. Les sciences permettent de comprendre le monde qui nous entoure, exclure les femmes de ces disciplines cela signifierait asservir la moitié de l’humanité, ôter la possibilité d’analyser, critiquer et observer différemment.

 J’espère que les journalistes couvriront un peu plus la manifestation que les années précédentes. D’autant plus que le thème de cette année s’intitule «Les femmes scientifiques à la pointe de la lutte contre la COVID-19 ».

Cette année, je vous propose un petit questionnaire pour discuter du sujet de façon ludique.

Selon vous, la part de chercheuse dans le monde représente:

  • Moins de 20%
  • Moins de 30%
  • Moins de 40%

La bonne réponse est moins de 30% des chercheurs dans le monde sont des femmes, d’après une étude menée par l’UNESCO. Vous trouverez le document complet ici.

Quel domaine a quasiment connu la parité et pourtant compte aujourd’hui un taux de scolarisation de fille à 3%.

  • Ingénierie
  • Sciences naturelles et mathématiques
  • Informatique

Il s’agit de l’informatique.

Pour la petite histoire, dans les années 80, cette discipline a connu un essor et les « codeuses » étaient aussi nombreuses que les codeurs. J’ai cherché dans la littérature pour comprendre pourquoi ce déclin de la parité aussi important. Plusieurs facteurs semblent avoir joué.

Dans un premier temps, l’informatique était enseignée à l’origine dans les universités littéraires, et oui on parle de langage C, fortran ou encore langage machine. Mais par la suite, cette discipline prit un nouveau virage et fut traitée comme une science.

Au début, les personnes qui travaillaient sur ce métier étaient peu qualifiées, il était entendu que les femmes pouvaient s’en charger. Ce qui a changé, c’est quand ce domaine est devenu « élitiste », technique, mathématique, dédié à une population de savant, alors celui-ci s’est énormément masculinisé.

Enfin un argument que j’ai retrouvé à plusieurs reprises, c’est celui qu’à l’apparition du PC, les pères offraient cet objet à leurs fils, les encourageant ainsi à faire de l’informatique. Les filles furent donc majoritairement exclues de l’informatique.

Selon vous, sur les 607 lauréat-e-s du prix Nobel, combien compte-t-on de femmes?

  • 20
  • 50
  • 100

La bonne réponse est…20 lauréates du prix Nobel sont des femmes.

Pourquoi un nombre aussi faible de lauréates ? Une explication de la non-représentation des femmes à ce prix serait l’invisibilisation des travaux féminins aux profits de leurs homologues masculins. Ce fut le cas pour Jocelyn Bell Burnell. Celle-ci n’explique pas tout, mais reste l’une des explications.

Les femmes restent sous les radars car certains membres du comité Nobel estiment que les femmes sont moins brillantes que les hommes. Ceci est complètement faux, désuet et misogyne.

Vous trouverez de bons articles qui datent un peu ici et . Cette année, deux femmes ont été primées au prix nobel de chimie et une en physique. Le comité commencerait à faire des efforts?

Comment inciter les jeunes filles à faire des sciences ?

Continuons à montrer l’exemple à nos filles, qu’il existe des femmes en science. Montrons que nous les femmes, nous nous épanouissons autant que les hommes dans les métiers techniques et que ça n’est pas un milieu d’homme uniquement. Continuons d’encourager les jeunes filles en leur disant qu’elles sont aussi intelligentes que les garçons et qu’elles peuvent choisir toutes les professions.

Pour cela, une solution pourrait être de parler de science et technique ou à minima des femmes qui réussissent en sciences, dans les magazines féminins. Et oui, il y en a marre de ces lignes éditoriales où la femme n’est qu’un objet de désir qui doit être belle, zen, doit faire la cuisine, doit être fine psychologue, etc. L’exemple passe par les modèles. Il est du devoir de la presse, et encore plus la presse féminine de montrer une autre image de la féminité.

Que pensez-vous de ces chiffres ? Avez-vous des idées pour inciter plus les filles à faire de la science ?

13 commentaires sur « Journée internationale des femmes et filles de sciences »

  1. Super instructif ton article ! Je ne savais pas que les filles étaient si nombreuses en informatique, c’est vraiment dommage… Je me suis rendu compte toute seule et un peu tard que le codage c’est accessible et intéressant ! Peut-être que si je n’avais pas eu la sensation que c’était un métier d’homme j’aurais pris cette direction professionnelle plutôt que celle du secteur social qui ne correspond en fait pas du tout à la grande introvertie que je suis… 🤷🏽‍♀️🤷🏽‍♀️

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    1. Merci 😁
      Oui coder c est vraiment accessible, il y a différents langages, différents types de codes, différentes façons d appréhender un système etc. Pour ma part j aime beaucoup le fait que ça soit logique et qu il faille avoir une compréhension globale des process.
      Il existe de nombreuses formations en informatique pour « rattraper » le train en marche. Tout dépend de tes goûts. Si tu veux te lancer dans l informatique n hesites pas il y a beaucoup de possibilités ! 😁

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  2. Oui j’espère aussi qu’on en parlera beaucoup plus… Inciter les jeunes femmes à faire des sciences, peut-être en leur laissant la réelle possibilité de choisir ? Et que des scientifiques (femmes) expliquent ce qu’elles font… pour ouvrir les consciences… ya du boulot, mais faut le faire ! Merci pour cet article, très bonne journée

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  3. Je ne maîtrise pas du tout les chiffres sur les femmes dans les sciences, alors merci beaucoup pour ton article très intéressant ! Je pense que pour faire progresser la vision des sciences et permettre à plus de femmes d’y trouver leur place, ça passe par la représentation et la visibilisation. Plus on verra de femmes dans les métiers scientifiques, plus ça semblera atteignable et possible pour les futures générations.

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  4. Excellent article ! Comme indiqué ci-dessus, je pense que l’incitation passe par la visibilité des femmes de science, que ce soit à travers des récits sur celles du passé que par des interventions de scientifiques actuelles auxquelles il faut donner des tribunes (et je te rejoins sur les magazines dits féminins – qui m’ont longtemps donné le sentiment que je n’étais pas une femme, tant les sujets abordés ne m’intéressaient nullement). On peut se mettre des barrières inconscientes en l’absence de modèles. Quant aux Nobel, j’ai une pensée pour Marie Curie qui eut un mal de chien pour être dissociée de son époux pour ce que j’en ai retenu.

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  5. Excellent article ! Comme indiqué ci-dessus, je pense que l’incitation passe par la visibilité des femmes de science, que ce soit à travers des récits sur celles du passé que par des interventions de scientifiques actuelles auxquelles il faut donner des tribunes (et je te rejoins sur les magazines dits féminins – qui m’ont longtemps donné le sentiment que je n’étais pas une femme, tant les sujets abordés ne m’intéressaient nullement). On peut se mettre des barrières inconscientes en l’absence de modèles. Quant aux Nobel, j’ai une pensée pour Marie Curie qui eut un mal de chien pour être dissociée de son époux.

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    1. Merci 🙂
      Oui il y a un travail sur la presse féminine très important, pour montrer des modèles, des possibles et arrêter de borner la femme à son foyer, sa cuisine et sa beauté. C’est important de montrer des femmes qui réussissent, qui sont des entrepreuneuses, des scientifiques ou des militaires. Il faut casser l’image stéréotypée en montrant des modèles 🙂

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  6. Bravo ! Bel article ! Je suis sur twitter ce compte : https://twitter.com/366portraits qui donne chaque jour un portrait d’une femme scientifique. Quand je vois la quantité de retweet, il y a encore du boulot !

    Visiblement la visibilité qu’on donne aux femmes scientifiques dans la presse serait le principal moteur pour que les choses changent… les écoles devraient aussi prendre ça en charge, c’est important que les filles puissent choisir leur avenir.

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