Avant la rentrée et surtout le fameux Pumkin automn challenge 😊, j’ai remarqué que je n’avais pas fait de chronique littéraire. Alors, pour bien commencer cette nouvelle année et éventuellement vous donner des idées pour vos prochaines PAL même si je suis sûre que celles-ci sont déjà bien remplie, je vous livre la chronique de mes treize lectures de cette année 2022 (à peu près un livre et demi par mois ce qui n’est pas très bon comparé aux années précédentes).
Pour être tout à fait honnête avec vous, cette année de lecture a été relativement décevante : beaucoup de panne de lecture, de déception où l’histoire m’a laissé ce gout amer d’une lecture sans vie.

Les BD et romans graphiques
Quoi de mieux qu’un bon roman graphique pour se remettre d’une lecture décevante ? Le seul hic avec ces livres c’est qu’ils se dévorent beaucoup trop vite. Cette année je n’en ai pas lu beaucoup, mais ils m’ont tous beaucoup plu.

Le vrai sexe de la vraie vie tome 2 de Cy
J’avais lu, chroniquer ici et adoré le premier tome, je ne pouvais pas faire autrement que de lire le tome 2 qui est tout aussi excellent que le premier. Les thèmes sont toujours abordés avec beaucoup de douceur. Une lecture très agréable.
L’incroyable histoire du sexe livre I en occident de Philippe Brenot et Laetitia Coryn
Un roman graphique d’une très grande qualité et qui a dut prendre un temps assez fou pour collecter toutes les informations sur habitudes sexuels des différents peuples européens au travers des âges. Dans ce roman graphique, on retrouve des informations romancées sur les pratiques sexuelles allant de l’antiquité jusqu’à nos jours en Europe. Toutes les époques y sont tracées avec leurs spécificités et la place de la femme à la fois en tant qu’épouse ou prostituée. J’ai hâte de lire le livre II sur l’Asie.
Simone de Beauvoir Une jeune fille qui dérange de Sophie Carquain et Olivier Grojnowski
Dans ce roman graphique, on découvre les débuts de Simone de Beauvoir, monument du féminisme et auteur du très fameux livre « Le deuxième sexe ». On y découvre une Simone en colère, une Simone qui refuse de rentrer dans le moule bourgeois, une Simone brillante et anticonformiste. L’agencement quatre vignettes par page, nous laisse assez de place pour profiter des dessins et découvrir l’histoire avec beaucoup de plaisir.
J’ai vu qu’il existait dans la même collection une biographie sur une autre Simone également un monument du féminisme : Simone Veil. Qui sait peut-être une de mes prochaines lectures ?
Livres féministes
Dans ce chapitre, je vous propose trois essais sur le féminisme. Je les ai trouvés également très bien tous les trois pour différentes raisons.

Présentes de Lauren Bastide
J’ai une affection toute particulière pour ce livre, notamment par rapport aux évènements qui ont eu lieux autour de ce livre. Pour plus d’impartialité, il est important de vous replacer le contexte. L’été dernier, une collègue et amie m’a dit « Lucie, il y a Lauren Bastide la journaliste de la poudre qui dédicace son nouveau livre dans la librairie à coté de chez moi, tu veux qu’on y aille ensemble ? » Vous me connaissez : livre+ féminisme+dédicace = combo gagnant 😊 Nous y sommes donc allées, nous avons eu l’extrême privilège de pouvoir échanger avec cette journaliste très courageuse. Je dis bien très courageuse car comme beaucoup de femmes qui osent elle subit du harcèlement en ligne et témoigne dans le très bon documentaire ARTE « #SalePute » . Bref, maintenant que le décor est planté, je peux vous parler du livre. Il est intéressant et assez pédagogique. Pour des féministes qui ont lu et suivi les actualités il apporte tout de même quelques informations nouvelles. Je pense que cet essai s’adresse plus aux féministes qui n’ont pas trop de connaissance qu’aux militantes aguerries.
L’homme préhistorique est aussi une femme Une histoire de l’invisibilité des femmes Marylène Patou Mathis
Encore une fois, il faut que je vous replace le contexte. J’avais lu et chroniqué le précédent livre de cette autrice Madame de Neandertal que j’avais adoré. De plus, le sujet de l’invisibilisation des femmes est un sujet qui me tient particulièrement à cœur. L’archéologie (et d’une manière plus générale l’histoire) est un monde d’hommes (blancs) européens. L’autrice ici retrace les différentes avancées de l’archéologie démontrant que oui les premiers êtres humains étaient aussi des femmes et oui elles faisaient d’autres choses que nettoyer la grotte, ce qui est une vision très sexiste issus de la société bourgeoise du XIX et XXème siècle.
Sorcières la puissance invaincue des femmes Mona Chollet
Faut-il vraiment que je commente ce livre ? Qui ne connait pas ou n’a pas entendu parler de ce livre ? Si vous êtes passé à côté de ce livre, il fait parti des livres de vulgarisation du féministe les plus populaires. Globalement il fait des parallèles entre les activités des sorcières, le génocide de femme et les féministes modernes qui sont « les petites filles des sorcières non brulées ». Globalement, le livre est sympa et se lit plutôt bien. Il y a certain passage sur lesquels j’ai trouvé que les raisonnements étaient un peu tirés par les cheveux. Mais dans l’ensemble, le livre est pas mal du tout.
Les romans écrits par des femmes

L’espace d’un an de Becky Chambers
Mon coup de cœur de l’année. Ce livre à reçu le prix Hugo et vraiment il le mérite. Un roman SF comme je les adore. On suit l’histoire d’une humaine originaire de la planète mars qui pour s’éloigner de sa famille un peu mafieuse va changer d’identité et travailler en tant que greffière sur un vaisseau tunnelier (vaisseau spatial qui fait des trous de verre permettant ainsi aux autres vaisseaux de réduire les durées de leurs voyages). A travers les yeux de l’héroïne, on découvre les différentes espèces extraterrestres qui peuplent l’espace. On y découvre des cultures, des traditions et sociétés extrêmement varié. L’autrice nous plonge dans un univers incroyablement riche en aventure et en découverte.
Kilomètre zéro de Maud Ankaoua
Un livre feelgood qui m’a au début extrêmement énervé, j’ai failli l’arrêté en cours de lecture. On suit le personnage principale Maëlle, le stéréotype parfait de la bourgeoise parisienne qui m’exaspère. Vous savez ces Marie-Charlotte cucul la praline qui dès qu’on les sort de la capitale et qu’elle découvre la nature sont paumée ? Le même genre de godiche que dans le livre la vie dans les bois qui m’avais profondément irrité. Bon bin là on suit encore une bobo parisienne… Là elle découvre que sa meilleure amie à un cancer se comporte comme une enfant et est envoyée par sa meilleure amie au Népal pour lui rapporter un manuscrit qui lui permettrait de la soignée. Bref, ensuite il y a tout un tas d’aventure qui arrive à cette pauvre Maëlle qui est obligée de quitter Paris pour aller au Népal et se perdre dans les montagnes (sans réseau téléphonique oulala). Elle est accompagnée par un guide et des sherpas qui vont être en quelques sorte des guides spirituels. On va retrouver tout au long du livre des conseils zen et méditatif. Si le début m’a beaucoup agacé, le milieu m’a bien plus jusqu’à deux chapitres avant la fin ou patatra ça recommence, le personnage principal redevient insupportable et oubli tous les trucs qu’elle vient d’apprendre. Résultat plutôt mitigé. Si les descriptions des paysage Népalais sont tout à fait réussi et on retrouve l’ambiance des treks dans ce pays magnifique, lire un livre écrit par une bobo parisienne pour les bobo parisiennes m’exaspère au plus haut point. Le narcissisme et la fermeture d’esprit sont deux choses beaucoup trop incommodantes pour moi et ça a nuit beaucoup à cette lecture.
Le pays des autres de Leïla Slimani
Cette histoire est boulversante et raconte l’histoire d’un couple lui est marocain et elle alsacienne qui partent vivre dans la campagne marocaine. On suit l’évolution de ce couple à travers les difficultés de leurs relations, de la difficulté qu’à Mathilde pour s’acclimater à la vie rude de la campagne et aux coutumes qui lui sont tellement étrangère, des soulèvements des marocains pour retrouver leur indépendance face à la France. Ni émigré français, ni tout à fait marocain, le couple et leurs enfants affronteront les différentes embuches. C’est un livre poignant.
Mes flops de lectures
Voilà le moment mouchoir. Si vous souhaitez conserver votre bonne humeur et ne pas lire les jérémiades d’une fille aigrie par quelques mauvaises lectures, il est encore temps pour vous fuir. Sinon je m’excuse d’avance si je heurte votre sensibilité (surtout si vous avez adorez les livres qui vont suivre).

Le deuxième sexe tome II de Simone de Beauvoir
Alors oui j’ai honte. J’avais tenu bon tout le premier tome, et même si je trouve le second tome beaucoup plus accessible car moins théorique et beaucoup plus orienté sur ce que c’est vivre en tant que femme. Je n’ai pas réussi à le finir et me suis arrêtée à la moitié. Panne totale de lecture et je n’ai jamais réussi à me relancer sur ce livre.
Ni dieu, ni patron, ni mari La Voz de la Mujer
Ce n’est pas la taille qui m’a bloqué. Ce petit livre (pour le coup il n’est vraiment pas très épais) est un regroupement des articles du journal anarchiste et féministe écrit par des ouvrières Argentine en 1896. Ce journal, écrit par des femmes ouvrières pour d’autres femmes ouvrières a eu beaucoup de mal à percer. J’ai beaucoup aimé les critiques qu’il faisait sur la société patriarcale et sur le mouvement anarchiste noyauté par des hommes qui n’étaient finalement pas si anarchiste que ça et aimait bien leur privilège de mâle.
Encore une fois j’ai eu une panne de lecture et me suis arrêté avant la fin. Et bien qu’il ait voyagé avec moi dans les transports, je n’ai jamais eu le courage de le rouvrir… Encore une fois, j’ai honte.
La petite conformiste de Ingrid Seyman
Pour le coup, celui là je l’ai fini… Mais je n’ai vraiment pas aimé. Pourtant il partait plutôt bien, avec sa couverture rouge, sa quatrième de couverture promettant de bonnes poilades avec une gamine de droite née dans une famille de gaucho radicaux. C’est un peu le Mathilda du communisme.
Sauf qu’en réalité, le livre n’est pas si drôle ni si léger que ça. Il parle de sujet dur tel que le fait de vivre avec une personne bipolaire, d’avoir des enfants hyper actif et dyslexique, etc. Pour ma part, les sujets de la dyslexie, de l’hyperactivité et de la bipolarité sont des sujets qui me touchent particulièrement. Et là, les personnages ayant ses particularités sont clairement ridiculisées et le livre véhicule encore tout un tas de cliché faux.
Le pompon a été atteint à la fin du livre. Moi qui pensais lire un feelgood, non. Il s’agit bien d’un drame.
La justice de l’ancillaire Ann Lecki
Encore un abandon, mais cette fois ci je n’ai pas honte : je n’aime vraiment pas ce livre. L’histoire était pourtant intéressante, l’univers SF semblait bien réfléchi et la tentative d’écriture où seulement les ancillaires sont décrit au masculin et tous les autres personnages au féminin était une bonne idée… Mais, c’était brouillon et très difficile de suivre qui est qui. La grammaire masculin/féminin était mal travaillé (surtout si on compare au travail fantastique qui avait été accompli pour Chroniques du Pays des Mères d’Élisabeth Vonarburg). J’ai été très déçu car j’avais acheté ce livre en suivant les conseils d’un site qui recensait les meilleurs livres de SF écrit par des femmes et féministe. Et sur les trois livres que j’ai acheté deux m’ont vraiment déplu (le précédent étant La main gauche de la nuit d’Ursula K. Le Guin)