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Quand le vélo permet l’émancipation des femmes

Une grande histoire d’amour entre les femmes et la bicyclette

Inventée en 1818, la bicyclette rencontra rapidement un grand succès, surtout auprès des femmes dès les années 1860. Les années 1890 marquent les premiers exploits féminins dans le domaine :

  • En 1893, Tessie Reynolds une anglaise de Brighton enfourche un vélo, vêtue d’un pantalon pour rejoindre Londres. 
  • Le 25 juin 1894, Annie Londonderry est la première femme de l’Histoire à réaliser le tour du monde à bicyclette. Avant elle, Thomas Steven avait réalisé entre 1884 et 1886 un tour du monde en grand-Bi (bicyclette avec la roue avant de très grand diamètre) 
  • en 1895 Marthe Lemaire est la première française à enfourcher un vélo.

De vives critiques contre les femmes cyclistes

Si le vélo devient un objet très prisé par la gente féminine, de nombreuses voix s’élèvent contre la pratique du vélocipède pour les femmes. Parmi ces raisons, nous retrouvons que cette activité est :

  • Impudique, et oui il semblerait que les frottements de la selle pourrait procurer du plaisir et encouragerait les femmes à la masturbation. La frange la plus conservatrice et puritaine de la société essaya donc de prévenir les « dérives masturbatoires » et perversités d’un nouveau genre.
  • Induit une perte de la fertilité. A l’époque de nombreux médecins s’opposent à la pratique de cette activité.

la bicyclette « expose la femme à des dangers d’ordre intime de la plus haute gravité et, détail horrible, elle les enlaidit »

Dr Tissié dans L’Hygiène du Vélocipédiste, 1888
  • Ne convient pas à la féminité. A l’époque, la toilette des femmes servait de code constitutif d’un ordre social et moral. Avec l’arrivée de la bicyclette, les jupes se raccourcissent, les femmes portent des pantalons. C’est une vrai vélo-rution!

Malgré ces interdits, les femmes continuent à parcourir les rues à bicyclette gagnant ainsi de plus en plus d’indépendance.

Des pionnières à aujourd’hui, toujours le même débat

Persistance de préjugés autour des femmes et du vélo

Malgré ces 200 ans d’histoire, enfourcher la petite reine quand on est une femme reste un sujet polémique. Et malheureusement, on retrouve les mêmes raisons qu’il y a deux siècles !

Dans le film Wadjda, on retrouve le même argument qu’en 1890 à propos de la perte de fertilité et du fait que cela soit impudique.

J’ai également été touchée par le témoignage de cette enseignante marocaine qui explique que dans son pays « le vélo à un sexe et qu’il est masculin » :

Il semblerait que, quel que soit son origine ou sa culture, les franges les plus conservatrices de la population refusent l’accès des femmes aux vélos pour des raisons de pudeur, de moral et de fertilité.

Les questions vestimentaires elles aussi sont toujours de mise. En effet, d’après cet article l’un des freins à la féminisation de la bicyclette serait encore aujourd’hui la toilette.

Quand les préjugés de société freinent les femmes dans leur émancipation

Dans l’article cité ci-dessus, l’un des facteurs expliquant que les femmes font moins de vélo que les hommes seraient l’absence d’aménagement urbains permettant aux femmes de se déplacer de façon sécurisée. Les femmes étant plus sensibles aux aspects sécuritaires du vélo (parce qu’on les formate depuis toujours pour faire attention à leur sécurité), celles-ci utiliseront moins le vélo que les hommes.

En faisant quelques recherches sur le sujet, j’ai découvert sur le blog aurorologie ce podcast que j’ai beaucoup aimé.

 Il explique le parcours d’une jeune française qui à l’origine voulait faire réparer son vélo et qui à la suite d’un tarif « fille » a décidé de réparer par elle-même son vélo dans un atelier d’auto réparation. C’est là qu’elle a découvert une nouvelle carrière : devenir réparatrice de vélo. Elle raconte comment autour d’elle, client et patron lui ont fait comprendre que la mécanique, ça n’était pas un truc de « fille ».

Dans le même esprit mais un peu différent, à Baltimore une association de femme Byke, propose des horaires d’atelier d’auto réparation dédié aux femmes pour que celles-ci puissent réparer leur vélo sans être incommodées ou moquées par les hommes. Vous trouverez plus d’information sur ce site. Cette deuxième solution propose donc l’appropriation par les femmes de l’espace via la non-mixité, et cela me dérange car ces femmes qui réparent leurs vélos devraient pouvoir se sentir libre de le faire à n’importe quelle heure et devant n’importe qui.

Pour conclure cet article, la petite reine cristallise depuis deux siècles déjà tous les préjugés sexistes autour des femmes. En enfourchant un vélo, les femmes ne font pas une simple promenade ou ne vont pas juste d’un point A à un point B, elles affirment leur autonomie.

« Laissez-moi vous dire ce que je pense de la bicyclette. Je pense qu’elle a davantage participé à l’émancipation des femmes que n’importe quoi d’autre dans le monde. Chaque fois que je vois une femme au guidon d’une bicyclette, je m’en réjouis ».

Susan B. Anthony

De plus, je crois qu’il est important de garder à l’esprit que, quel que soit l’époque et la culture, il existera toujours des gens bienpensants qui essaieront de nous brider, pour des raisons sanitaire, moral ou social.

En espérant que cet article vous aura plu, n’hésitez pas à me faire part de vos expériences à vélo, de vos réflexions autour des femmes et du vélo ou tout autres commentaires.

Bonne route !

4 commentaires sur « Quand le vélo permet l’émancipation des femmes »

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