Voyage en solitaire : la peur des proches

Le voyage en solitaire est souvent une grande source d’angoisse pour les proches de jeunes aventurières qui partent pour la première fois à la découverte du monde.

S’il existe sur le net et les blogs de voyeuses expérimentées d’excellents articles pour expliquer comment gérer le stress des proches, je voulais m’adresser directement aux proches des routardes, car je pense que chacun doit gérer ses propres peurs. Lors de leur premier voyage, les novices du voyage en solo rencontrent de nombreuses inquiétudes et n’ont pas besoin que s’ajoute à leurs angoisses la gestion de celles de leur entourage.

Voilà pourquoi je vous dédie ce billet à vous les parents, amis, collègues, proches, qui craignent tant pour la sécurité de votre baroudeuse préférée.

Dans cet article, je vais partir du postulat que votre routarde en herbe est adulte et donc responsable de ses actes. Je vous présenterai donc ici la ligne rouge que je vous recommande de ne pas dépasser. J’insiste sur ce point, car malgré les bonnes intentions, il est fréquent de voir que cette limite est souvent franchie pour « notre bien ». Ensuite, je vous donnerais quelques conseils pour apprendre à gérer vos inquiétudes sans faire peser sur les épaules de votre protégée le poids de vos angoisses. Enfin, nous verrons que la bienveillance et la confiance sont les clés pour permettre à tous une meilleure approche.

Top 3 des choses à ne pas dire à une proche qui vous annonce son voyage en solitaire

Lorsqu’on arrive arrivent à l’âge adulte, vous, moi, tous les autres humains et surtout votre voyageuse solitaire en herbe, chacune de ces personnes est la seule capable de dire ce qui est bon ou non pour elle-même.

Certains mots et actions que vous pourrez avoir pour leur bien peuvent être infantilisant, voir même inapproprié dans un échange entre adulte, même s’il s’agit de vos enfants ou petits enfants. Voici les trois choses les plus inappropriées, peu importe votre lien avec la personne.

Lui interdire de partir

J’ai déjà tant de fois entendu ces injonctions « Jamais ma fille ne fera […] » ou encore « Si tu étais ma fille, jamais je ne te laisserais faire ça ! » Autant vous le dire tout de suite : oui c’est extrêmement inapproprié.

Comme je pars du postulat que votre proche est majeure, il me parait très peu acceptable que quelqu’un cherche à être une entrave à la liberté d’un autre être humain. Expliquez-moi en quoi votre avis est plus important que le sien ? En tant qu’adulte, elle peut faire ce qui lui plait, même si cela vous inquiète. Vous n’avez aucun droit de l’empêcher de faire ce voyage. Vous n’allez pas la séquestrer non plus ? C’est ridicule n’est-ce pas ?  

Ce genre de tirade est infantilisante et créatrice d’une tension avec votre proche. Est-ce vraiment utile d’en arriver là ? Personne ne sort grandi de ce genre de situation.

Lui faire du chantage émotionnel ou des remarques pour qu’elle reste

C’est l’un des comportements les plus violent et pervers que je connaisse. Pourquoi vouloir contrôler votre proche en la faisant culpabiliser, en l’obligeant à faire quelque chose qu’elle ne veut pas ou lui faisant peur ? Êtes-vous une personne toxique ? Pensez-vous que votre proche est un objet ?

Non bien sûr. Alors, je vous encourage à ne pas faire de chantage, à ne pas la faire culpabiliser de partir. En plus de faire souffrir votre proche (qui partira quand même), celle-ci vous verra (à très juste titre) comme quelqu’un de toxique.

Focaliser sur la peur du viol et des violences sexuelles

Le viol est le sujet d’inquiétude premier et principal des proches de voyageuses. Vous savez, il y a une plus grande probabilité que votre protégé se fasse mordre par un animal. Les statistiques sur les viols indiquent que ¾ des victimes ont été agressées par un proche (amis, famille, conjoint). Focaliser sur cette peur est complètement irrationnel. Je vous recommande de lire mes articles sur le sujet : de la peur de voyager seule à la confiance d’être soi-même et la peur du viol et le voyage en solitaire.

Astuces pour gérer ses peurs

Votre proche va partir, avec ou sans votre consentement. Malgré vos peurs et les siennes surtout ! Laissez-la gérer ses angoisses et apprenez à régir les vôtres.

Il est tout à fait normal de s’inquiéter pour quelqu’un qu’on aime. Néanmoins, la peur ne doit pas diriger votre vie et encore moins vous poussez à régenter celle des autres.

Lister vos peurs

En tant que proche, il y a sûrement plusieurs points qui vous inquiètent : la sécurité, les transports, le fait que vous soyez trop loin pour venir en aide à votre proche si les choses venaient à mal tourner, etc.

Listez tous ces points qui sont source d’angoisse pour vous :

  • Est-ce que ces peurs sont irrationnelles ? Vos craintes restent identiques que votre voyageuse parte loin ou non ? Si la réponse est oui à ces deux questions, je pense qu’il serait intéressant que réfléchissiez à la raison réelle qui se cache derrière cette peur. Et surtout, vous comprendrez que le sujet du périple en solo n’est pas l’origine de vos inquiétudes. Dans ce cas, travaillez sur vous pour découvrir vos frayeurs et ne les transmettez pas à votre graine de baroudeuse. Elle a assez à gérer avec ses propres peurs qui pour le coup sont légitimes et rationnelles en grande partie.
  • Pour les peurs rationnelles, pensez-vous que votre voyageuse préférée n’a pas pensé à ses choses ? Si oui, vous pouvez en discuter avec elle, avec les formes bien sûr :).

Formuler des questions bienveillantes

Comme déjà évoqué dans mon article précédent « Être une femme qui voyage seule c’est beaucoup de questions » il y a, je pense, une façon bienveillante de formuler vos inquiétudes de sorte à :

  • Vous rassurer
  • Laisser à votre aventurière solo la possibilité de vous présenter son projet sans être jugée

La technique du « Quand tu dis… je ressens… »

J’aime beaucoup cette technique, car elle permet aux personnes d’exprimer leurs sentiments et non pas un jugement.

Par exemple « Quand tu dis que tu pars seule à l’étranger, je ressens de l’inquiétude, car je ne pourrais pas t’aider si tu as des problèmes »

L’objectif est de parler de ce que l’on ressent, à cœur ouvert et toujours avec bienveillance.

Attention à ne pas basculer dans le chantage affectif, ça n’est pas parce que vous parlez de vos sentiments que vous pouvez faire pression sur votre proche.

Les questions ouvertes

Le fait d’avoir une question ouverte où votre interlocuteur pourra vous préciser son projet vous permettra d’obtenir plein d’information et surtout montrera que vous vous intéressez réellement à votre proche. Vous n’êtes pas en position de reproche, mais en plutôt en personne curieuse et positive. Lorsque les questions sont posées de manières binaires et non ouvertes à la discussion, cela affiche la plupart du temps une absence de bienveillance.

Accepter son départ

Il y a des choses dans la vie sur lesquels nous n’avons pas de prise. Les choix de nos proches en font partie. Nous ne pouvons que les soutenir, les accompagner, parfois les guider. L’important c’est qu’ils soient heureux et vivent la vie qu’ils veulent.

Proposer votre aide

Avez-vous déjà fait du camping ou visité le pays que votre jeune aventurière va découvrir ? Dispose-t-elle de tout le matériel ou bien pouvez-vous lui prêter certaines choses (sac, valise, tente, etc.) ? A-t-elle besoin de quelqu’un pour l’emmener à la gare ou aéroport ou pour la rechercher à son retour ?

Proposer votre aide, c’est quelque chose de très fort qui d’une part vous valorisera, car vous pourrez partager vos savoirs, mais aussi qui permettra de rassurer votre voyageuse en sachant qu’elle est soutenue. Je vous assure que ce n’est pas grand-chose, mais ça fait du bien de se sentir encouragé quand on a peur.

Faites-lui confiance

Ça n’est plus une petite fille, mais une jeune femme qui s’apprête à parcourir le monde seule. Elle est très consciente de ce qu’elle fait et y a bien réfléchi. Faites-lui confiance, elle ne vous nuira pas et ne se nuira pas à elle-même c’est certain.  

Penser à son bonheur

Lorsqu’on imagine des gens rayonnants de bonheur, on s’ouvre un peu plus et on est beaucoup plus à l’écoute et bienveillant.

Cet exercice de visualisation que j’ai découvert en pratiquant la méditation est vraiment très puissant et permet vraiment de nourrir une bienveillance très profonde ce qui est, je pense, la clé de relations épanouies avec la confiance. Pensez à toutes les bonnes choses qui votre proche va vivre, ces endroits superbes qu’elle verra, ses activités incroyables qu’elle pourra faire, ces gens qu’elle rencontrera, etc. Le voyage est riche de tellement de choses. Pensez au bonheur de votre voyageuse et donnez-lui le courage de partir pour mieux revenir.

J’espère que mon article vous aura plu et aidé à gérer vos peurs. N’hésitez pas à me faire part de vos remarques ou commentaires.

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