Si j’étais un homme, les gens s’inquiéteraient peut être, lorsque je pars seule en voyage, de ma santé, des probables risques d’accidents lorsque je fais des rando etc. Mais heureusement, je suis une femme, ils ont juste peur que je me fasse violer. Je dit juste parce que les autres types de violences, ça a pas l’air de les inquiéter. J’ai beaucoup de mal à comprendre cette angoisse aussi persistante autour de la sécurité des femmes? Alors que pourtant il y a plein de risques. Personne ne s’est jamais inquiété sur les risques que j’avais de me perdre, risque très probable au vu de mes faibles capacités en orientation. Personne n’a eu peur que je m’intoxique avec une boisson ou un plat local. Non, les questions sont toujours orientées autours des risques d’agressions sexuelles. Ce qui est encore plus amplifié lorsque l’on quitte les frontières de notre douce France.
Comme le dit l’adage, « la peur n’évite pas le danger ». D’où viennent ces peurs qui nous tétanisent ? Comment lutter contre elles ?
Origine des peurs
Overdose d’information autour des violences sexuelles
De manière très subjectives, je crois que si cette question est la première question qui est posée, c’est parce que c’est le type de violence qui est en ce moment le plus médiatisé. Je ne mets aucun jugement de valeur, c’est très bien qu’on en parle, parce qu’il y a un vrai sujet. Je vous propose d’ailleurs cette vidéo que je trouve très bien à propos des violences sexuelles et sexistes.
Mais si ces violences sont la plus part du temps commises par des gens connu des victimes, les chiffres des violences sont assez impressionnant.

INSEE
Quand on voit les chiffres, une femme sur 4 a été insultées, 6% ont été victimes de vol et un peu moins de 5% ont subit des agressions physiques ou sexuelles. Nous les jeunes femmes nous sommes effectivement une population plus « à risque »comparé aux jeunes hommes. Par contre si on regarde sur l’ensemble, les hommes et les femmes ont le même pourcentage: 1,8% de la population a été victime de violences physiques ou sexuelles. Et oui les hommes de 30-49 ans ont plus été agressé que les femmes!
Je parle également de la sécurité lors de voyage seule dans cet article
La peur se nourrit de l’ignorance
Un jour, une amie me raconta une anecdote qui me fit beaucoup rire. Nous avions une amie en commun de longue date. Cette amie commune était adorable et s’inquiétait facilement du bonheur des autres. C’était le genre de fille à avoir grandit dans un petit village et n’avoir jamais été plus loin que la préfecture de son département.
Un jour, alors que mon amie discutait de son futur déménagement sur Paris avec cette fille, celle ci lui demanda: « Paris? Mais c’est vachement dangereux! T’as pas peur de te faire agresser? »
Ça ne vous rappelle pas quelque chose 😉
Toute personne ayant vécu à Paris sait que, comme dans toutes les grandes villes, il y a des risques. Mais globalement, on est plutôt en sécurité.
Pour les femmes qui partent seules en voyage, c’est la même chose.
Ce qui m’embête le plus, c’est que chacune d’entre nous a gardé plus ou moins cette peur. Ce qui ébranle notre confiance en nous et dans les autres.
La confiance, la clé de la liberté
« La confiance est une plante très délicate, elle ne repousse pas à volonté. »
Lors des premiers voyages que l’on fait seule ou entre femmes, il y a toujours le moment où on se fait accoster par des hommes et où on se fait plein de film. Le seul conseil que je pourrai donner c’est faites vous confiance, votre intuition vous dira si c’est dangereux ou pas.
Faites vous confiance!
Je vais vous partager ici deux anecdotes que j’ai eu la chance de vivre et que j’avoue, si je n’avais pas eu confiance ni en moi, ni en l’humanité, je serai passée à côté de belles choses:
Croatie: J’étais sur le bateau qui nous menait à l’île de Hvar avec ma meilleure amie et une jeune anglaise que nous avions rencontré la veille. Nous discutions des activités que nous voulions faire sur l’île et des restaurants sympa. Un groupe de gars nous écoutait et l’un d’eux est venu nous voir et nous a donné des conseils sur les activités. On l’a remercié et nous avons continué à faire nos plans. Cinq minutes plus tard le gars reviens après avoir discuté avec ses potes et là il nous dit en anglais
« Les filles, mes amis et moi nous sommes cuistots, on a un restaurant sur l’ile, il est encore en travaux car la saison n’est pas encore commencée mais la cuisine est finie et il faut qu’on la test. Est ce que vous voulez être nos beta testeuse? »
J’avoue que notre premier réflexe a été » il est où le piège? » Pour ne pas vexer le jeune homme de cette charmante invitation j’ai pris son FaceBook pour vérifier son identité et pour le contacté si jamais on acceptait l’invitation. Arrivé à l’AJ, avec les filles on discute de savoir ce qu’on fait. J’étais pas très sereine. Je me faisais des scénarii à la Taken où on se ferait enlever puis prostituée… Et puis, après inspection sur FaceBook et reflexion, on s’est lancé. Au pir si c’était trop louche on partirait en courant. Il s’est avéré que c’était le meilleur steak black angus que j’ai mangé de ma vie. Cuit à la perfection! Nous avons passé une superbe soirée. Les gars n’avaient pas d’idée mal placé.
Italie: Nous étions en randonnée au Cinque Terre avec deux autres copines que je venais de rencontrer dans l’AJ et nos gourdes étaient vides. Sur le chemin, il y avait un petit café. Nous avons demandé au garçon derrière la caisse s’il était d’accord de remplir avec de l’eau du robinet nos gourdes. Ce qu’il fit de bon cœur. Sa tante de l’autre coté de la salle lui envoyait des éclaires du regard. Pour éviter que les foudres de tati dragon de s’abatte de trop sur ce garçon j’ai acheté une petite pâtisserie. Et puis on s’est posé pour profité de la belle vue panoramique.

Le gars est venu et comme j’étais la seule à parler italien, il m’a proposé de se retrouver pour boire un verre. J’ai proposé l’invitation à mes copines, qui étaient un peu suspicieuses. Et puis il avait l’air honnête, on allait aller dans un bar et nous étions trois. Les risques étaient limités. Nous avons passé une excellente soirée. Il nous a fait découvrir des restaurants non « attrape touriste ».
Astuces pour retrouver confiance
En réfléchissant à ma propre expérience, je dirais que ce qui permet de se libérer de la peur des violences et de la peur de partir seule c’est d’avoir confiance en soi. Car quand on a confiance en soi, c’est plus simple de faire des choix, c’est plus facile de voir quand les autres fond des choses qui pourraient nous nuire.
La liberté commence où l’ignorance finit
Victor Hugo
Pour ma part je ne pourrait que vous recommander trois choses:
- Faire de la self défense, parce que si le risque zéro n’existe par, vous serez prête au cas où et le fait de savoir que vous êtes capable de vous défendre ça libère un peu. Même si en condition réelle on réagit par réflexe et que l’adrénaline nous fait réagir de façon inattendue, on prend confiance en soi.
- Rencontrer des gens de différents horizons. Parlez avec des gens d’autres pays, pour prendre conscience de vos propres blocages. L’ignorance nourri nos peurs et nous empêche d’avancer.
- Osez! La peur n’évite pas le danger, mais plus vous allez faire des choses, moins vous aurez peur et plus vous prendrez confiance!
En espérant que cet article vous aura plu, n’hésitez pas à partager vos expériences, vos questions ou vos réflexions
7 commentaires sur « De la peur de voyager seule à la confiance d’être soi-même »